L’inflation est de retour ! C’était un signal après lequel couraient la Banque Centrale Européenne (BCE) et le gouvernement, montrant que la crise était derrière nous. Mais cette nouvelle tendance,  2,2 % sur les 12 derniers mois selon l’Insee, et près de 2 % sur l’ensemble de l’année civile – inquiète néanmoins  les observateurs…

L’inflation, ce n’est pas forcément mauvais pour le consommateur… à condition qu’elle entraîne les salaires vers le haut. Dans les années 70 et 80, une inflation à deux chiffres à permis à nombre de Français de mieux rembourser leur emprunt immobilier (avec une inflation positive et des revenus qui suivent la même pente, le poids d’un crédit diminue peu à peu…) et de gonfler leur pouvoir d’achat. Même l’État y gagne, en se désendettant aussi à bon prix.

Le problème, c’est l’évolution des salaires, qui reste insuffisante. Et ce n’est pas qu’un point de vue syndical, puisque même un responsable de la banque centrale européenne est d’accord avec nous. « La France est atypique, car les salaires y progressent moins vite que dans d’autres pays », confie Benoît Coeuré, membre du Directoire de la BCE. Mais il se veut optimiste : « Il n’y a aucune raison de désespérer, les salaires français ont vocation à progresser...» Selon lui, l’enjeu est de recommencer à créer des « emplois productifs » de bien meilleure qualité que les « emplois créés au lendemain de la crise – beaucoup de petits boulots, de temps partiels, de CDD… »

En attendant, pour chacun, remplir son réservoir de carburant et son réfrigérateur coûte de plus en plus cher. Le détail des chiffres de l’Insee fait frémir les porte-monnaie. Les prix de l’énergie ont bondi de 14,3 % sur un an, celui du gaz de 17,3 % et ceux des produits pétroliers de 21,8 %. Et la facture grimpe également lorsqu’il s’agit de se nourrir, avec des produits frais en hausse de 6,4 %. Autre étude, le baromètre annuel de l’association Familles rurales, publié la semaine dernière, enregistre une montée sévère des prix des fruits (+ 4 % en moyenne) et légumes (+ 5 %).

Et à Airbus ? Airbus fait partie des entreprises où la qualité du dialogue social, la politique salariale contractuelle promus par FO, ont conduit à des augmentations de salaire ces dernières années, contribuant ainsi au bon déroulement de carrière et à l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés.     Les négociations salariales conclues en 2018 étaient assorties d’une clause de rendez-vous en cas de dérapage de l’inflation. Elle aurait toute légitimité à s’appliquer dans ce contexte.

Au-delà, ce sont les décisionnaires économiques, conscient des enjeux économiques nationaux, qui devront donner les signaux positifs adéquats au niveau de l’UIMM et du GIFAS lors des cadrages et des discussions début 2019 préalables aux négociations salariales dans les entreprises.

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