Histoire des vacances… (Fr/En)

Cet été beaucoup d’entre nous vont profiter de vacances bien méritées, les fameux congés payés. Mais connaissez-vous leur histoire ?

Tout a commencé sous… Napoléon III

Les congés payés voient le jour en France au travers d’un décret impérial du 9 novembre 1853 de Napoléon III qui accorde 15 jours de congés payés aux fonctionnaires de l’Etat.

Près d’un demi-siècle plus tard, en 1900, ce sont les salariés du tout jeune métro parisien qui obtiennent 10 jours de congés payés. En 1905, c’est au tour des salariés des entreprises électriques de se voir gratifier de 10 jours (et même 12 à compter de 1907). En 1906, les salariés des usines à gaz rejoignent les rangs et en 1913 les employés de bureau et de commerce obtiennent une semaine. Après la guerre, le mouvement continue avec la Société des transports en commun de la région parisienne (l’ancêtre de la RATP) qui accorde… 21 jours de congés payés à ses salariés.

Quelques secteurs du privé vont aussi octroyer des congés payés à leur personnel dans les années 1920’s. Il en va ainsi de la couture où les conventions collectives accordent aux ouvrières une à deux semaines de congés en fonction de l’ancienneté. Idem dans la fourrure. Puis en 1929, un accord permet aux ouvriers du livre de bénéficier de six jours.

1936 : généralisation des congés payés, 2 semaines pour tous !

En 1936, avec la victoire du Front Populaire aux législatives du 3 mai, un formidable mouvement de grève éclate. Les revendications portent sur la revalorisation des salaires, la limitation de la durée de travail à 40 heures par semaine… et les congés payés. Léon Blum perçoit l’importance de la demande « d’être payé à ne rien faire » et de profiter du temps libre. Il en fait l’un des sujets mis sur la table de ce qui deviendra les accords de Matignon, conclus entre les syndicats et la Confédération générale de la production française (l’organisation patronale ancêtre du Medef) dans la nuit du 7 au 8 juin.

La loi s’applique à tous les salariés liés à un employeur par un contrat de travail.. La durée des congés payés est de quatorze jours, dont douze ouvrables, après un an de services continus, et d’une semaine, dont six jours ouvrables, pour six mois de services.

Ainsi, en quelques jours, une réforme sociale considérée comme utopique pendant des décennies est finalement adoptée. On connaît la suite avec ces images des premiers départs massifs, l’essor des colonies de vacances, l’invention des billets SNCF à tarifs réduits, etc…

2 puis 3, puis 4, puis 5 semaines

Après la guerre, le mouvement va de nouveau s’amplifier. Véritable « laboratoire social » avec, à sa tête Pierre Dreyfus (PDG), la régie Renault accorde à ses salariés, en 1955, une troisième semaine. Et, contre l’avis des pouvoirs publics, une quatrième, sept ans plus tard. Elle entraîne dans son sillage plusieurs autres entreprises. Bel exemple d’un dialogue social constructif pour le bien des salariés et de l’entreprise.

Les gouvernements successifs généraliseront cette mesure par les lois du 27 mars 1956 (Guy Mollet) accordant 3 semaines, puis du 17 mai 1969 (Maurice Couve de Murville), 4 semaines de congés. « Vous n’avez aucun sens de la discipline, mais vous avez bien fait », confiera De Gaulle à Pierre Dreyfus.

Enfin, dernier chapitre de cette histoire (si l’on ne tient pas compte des RTT), l’ordonnance du 13 janvier 1982 (gouvernement Mauroy sous la présidence de François Mitterrand) instaurera la cinquième semaine de congés payés.

Bonnes vacances à toutes et à tous, profitez pleinement de ces moments privilégiés… sans oublier qu’ils sont le fruit du travail de nos aînés !

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The history of holidays

This summer, many of you have made the most of well-earned holidays, the well-known paid leave. Do you know the history?

All started with… Napoleon III

Paid leave started in France by a Napoleon III imperial decree dated 9th of November 1853 granting 15 days of paid leave for civil servants.

Almost half a century later, in 1900, the employees of the young Parisian underground obtain 10 days of paid leave. In 1905, it’s the turn of the electrical companies to be granted 10 days (and even 12 as from 1907). In 1906, Gas factory employees join the rank and in 1913 the Board of Trade employees obtain a week. After the war, the movement continues with Paris region public transport firm (ancestor of the RATP) which grants… 21 days for its employees.

A few other private sectors will also obtain paid leaves for their personnel in the 1920’s. The same goes for the clothing industry where collective labour agreements grant two weeks of paid leave to the workers depending on their seniority. Then in 1929, an agreement enables the book industry employees to benefit from 6 days.

1936: generalization of paid leave, 2 weeks for all!

In 1936, with the victory of the Front Populaire at the general election of the 3rd of May, a great strike breaks out. The demands bear on the re-evaluation of wages, the limit of work time at 40 hours per week… and paid leave. Léon Blum sees the importance of the demand “to be paid to de nothing” and to profit from free time. He makes it one of the subjects added to the table which will become the accords de Matignon, concluded between the unions and the Confédération générale de la production française (ancestor of the Medef) in the night from the 7th to the 8th of June.

The law applies to all employees linked to an employer by a works contract. The duration of the paid leave is of fourteen days, twelve of which during working days, after a year of continuous service, and of a week, six of which during working days, for six months of service.

Thus, in a few days, a social reform, considered utopian for tens of years, is finally adopted. We know the rest with images of massive departures, the success of holiday camps, the invention of low cost train tickets, etc…

2 then 3, then 4, then 5 weeks

After the war, the movement amplifies. A real « social laboratory », with Pierre Dreyfus (Managing Director) at its head, the « régie Renault » grants, in 1955, a third week. And, against the advice of the public authorities, it grants a fourth week, seven years later. It drags other companies into the movement. This is a great example of social dialogue, which was constructive for both the employees and the company.

The successive governments will generalize this measure with the laws dated 27th of March 1956 (Guy Mollet) by granting 3 weeks, then dated 17th of May 1969 (Maurice Couve de Murville), granting 4 weeks of leave. « You have no idea of discipline, but you did right», will say De Gaulle to Pierre Dreyfus.

And the last chapter of this story (if you don’t take into account the RTTs), the order dated 13th of January 1982 (by the Mauroy gouvernment under François Mitterrand’s presidency) which granted the fifth week of paid leave.

Have great holidays all of you, make the most of the privileged moments… without forgetting they are the fruit of our elders work!

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Article écrit par : Christophe

Christophe

1 Commentaire
  1. Enrique 28 août 2017 at 7 h 43 min - Reply

    Très bon article Christophe!!

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